[Interview] Sabine, Maquilleuse Professionnelle TV et Cinéma

Sabine Fèvre  est une sublime et talentueuse make-up artist que j’ai eu la chance de rencontrer à Londres. C’est entretemps devenue une amie et je continue donc de suivre de loin son étonnant parcours : Hitman, Livide, Le Transporteur 3,  A l’intérieur… Son travail l’a menée aux quatre coins du monde et elle a plein de choses à nous raconter sur son fabuleux métier. C’est parti !

Maquillage_materiel_Sabine Fevre

o Pourrais-tu te présenter aux lecteurs de Beauty By Cyann ?

Je m’appelle Sabine, je vis à Paris (pour le moment), j’ai 32 ans et je suis maquilleuse professionnelle depuis 12 ans.

o Depuis combien de temps es-tu dans le milieu ?
J’ai commencé l’école de maquillage professionnelle en 2002, donc ça fait 12 ans que j’exerce ce métier même si je n’en vis que depuis 9 ans réellement. Il m’a fallu quasi 3/4 ans pour percer ….pas si facile !

Timothy_Olyphant_Hitman_Sabine_Fevre

Avec l’acteur Timothy Olyphant sur le tournage de « Hitman »

o Que voulais-tu faire petite ?
Petite ….je voulais être princesse, puis maitresse puis danseuse…styliste….une vraie gonzesse ! Je me déguisais tout le temps, ayant les cheveux courts à la garçonne, je me fabriquais des longs cheveux avec les jupes de ma mère sur la tête. je maquillais ma tante, mes poupées et même ( oui je l’avoue) mon père !!

o Qu’est ce qui t’a décidé à choisir cette voie ?
Ça n’a pas été si évident, car au lycée ayant intégré une troupe de théâtre, j’ai voulu être comédienne, mais je me suis rendu compte que ça n’allait pas avec mon caractère, et que finalement je préférerai être derrière la caméra.

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Avec Marie-Claude Pietragalla sur le tournage de « Livide »

J’ai donc fait des études de cinéma, à la Sorbonne, à Paris. J’avais chaque jour 3 heures de transport et je bouquinais beaucoup. Un jour, alors que je lisais une revue sur le cinéma,  je suis tombée sur un article d’une école de maquillage professionnelle. Je me rappelle que ça m’avait vraiment frappée car le soir même j’en parlais à ma mère, qui m’a répondu « De toute façon je ne te vois pas dans un bureau toute ta vie » !

Le lendemain j’ai pris rendez-vous avec l’école en question , pour y faire un saut….et découvrir la formation.  J’ai adoré et je me suis dis que c’était tellement tellement tellement  évident, …..tellement moi !

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o Peux-tu nous parler de ta plus belle expérience dans ce métier ?
Ce n’est pas si évident  de répondre à cette question, car il y en a beaucoup. C’est un métier qui est au contact des autres, et il y a des rencontres ou des moments très forts ! Mais deux me viennent à l’esprit.

La première c’est un tournage que j’ai fais au Rwanda en 2006, un film sur les enfants soldats. Il y avait peu de moyens et tous les jours je devais m’adapter  a un environnement  différents, a une équipe qui  ne connaissait pas forcement le métier,  j’y ai appris la patience et l’envie de partager mes connaissances et surtout de rencontrer une grande spontanéité  sur ce que peut être parfois ce milieu un peu superficiel !

La deuxième rencontre a été de travailler avec Béatrice Dalle, actrice sublime, et une personnalité authentique.  Elle est très drôle et simple, contrairement à ce que les gens pensent. Depuis j’ai rebossé avec elle 4 fois et c’est toujours un immense plaisir !

Béatrice Dalle dans "A l'intérieur"

Béatrice Dalle dans « A l’intérieur »

o Et la plus mauvaise ?
Cet été (été 2013), on m’a contacté pour travailler sur le film de Larry Clark à Paris. J’étais très enthousiaste car je connaissais ce réalisateur un peu particulier, et de ses films très crus et intimistes.  Je me suis dis que ça ne pouvait que rajouter une expérience ( un peu rock’ n roll) de plus sur mon CV.
Ça été une catastrophe, j’ai détesté sa personnalité, très caractériel, irrespectueux de son équipe. Je suis partie après deux semaines, je n’ai pas pu finir ce projet car je ne voulais pas contribuer à un film  où il y avait un véritable « tyran  »  à la tête de celui ci ! Ce fut la première fois (et je souhaite la dernière ) de quitter un projet en court , ce fut une décision difficile a prendre au niveau professionnel.

Je continue de penser que j’aime ce que je fait mais pas au détriment de ma santé qu’elle soit physique ou psychologique. J’ai des convictions et je continuerai de les écouter  !

o As-tu un rêve caché, quelque chose de fou auquel tu oses imaginer ?

Je rêverai de travailler avec Tim Burton ! Au niveau esthétique – décor, maquillage , costumes – son univers est vraiment très beau. Poétique et effrayant à la fois, j’adore.

o Raconte-nous une journée type
Le HMC ( habillage/maquillage/coiffure) sont les premiers postes qui commencent le plus tôt, puisqu’on  doit préparer les comédiens. En général, j’arrive très tôt ( 6h30/7h) après être passer à la table régie prendre un bon petit thé, j’installe mon plan de travail ( c’est-à-dire que je mets mon staff sur la table maquillage et je sors ce dont je vais avoir besoin ) je relis l’ordre d’arrivée des comédiens et les raccords à effectuer par rapport à la continuité.

Une fois tout ce petit monde prêt, je file sur le plateau où toute la journée je maintiens le maquillage des comédiens.  Il peut y avoir des changements,  en fonction de l’histoire ou de l’évolution de l’action.

Chloé Marcq dans "Livide"

Chloé Marcq dans « Livide »

o Tu as la chance de beaucoup voyager grâce à ton métier. Qu’est-ce qui t’a le plus marqué en termes culturels au niveau du maquillage ?
Dans chaque pays la beauté  est différente , et son approche aussi, il est donc tout naturel de s’ouvrir et d’essayer de comprendre qu’est ce qui fait d’elle sa particularité propre.

o Quelle est ta définition de la beauté ?
Simple et chic

o Quels sont tes basiques en termes de maquillage ?
Avec un anticerne/ correcteur  , une poudre naturel, un bon mascara, c’est déjà pas mal pour une bonne base, après je trouve qu’un jolie ras de cils ouvre l’oeil et un blush frais et naturel donne un petit coup de peps ! Et puis le baume légèrement glossy ( mais pas trop) ça illumine beaucoup !

Maquillage Sabine Fevre

o Le pire make-up faux pas ?
Un blush mal mis, qui fait des barres de chaque côté du visage. Et aussi ( je le vois beaucoup en soirée) des yeux charbonneux et une bouche rouge ! Soit on choisit de charger les yeux ou de mettre une couleur vive sur les lèvres mais pas les deux….c’est too much !

o Il existe une pléthore de marques de maquillage sur le marché. Quelles sont, selon toi, celles qui sortent du lot ?
MAC, Bobbi Brown, Estée Lauder, Benefit, Lancôme (pour les mascaras) Black Up, Clinique et Clarins ( pour les soins et crèmes).

o Les boutiques Make –Up que tu recommandes à Londres et à Paris (et au Canada) ?
Ce sont surtout des boutiques pour les professionnels, mais a Paris, MAC, c’est une super marque. J’ai découvert Illamasqua et Inglot quand j’étais à Londres, c’est super pour tout ce qui est fards à paupières et blush. Et au Canada, j’adore la marque cinemasecret ( pour les professionnels).

Photoshoot_Sabine_Fevre

o As-tu un rituel beauté ?
Je nettoie très peu mon visage avec de l’eau – mieux vaut utiliser un brumisateur. J’utilise aussi  la Créaline H2O de Bioderma, pour bien nettoyer la peau des impuretés de la journée. J’hydrate ma peau avec Hydrance d’Avène.

o Quels sont tes gestes pour avoir une belle peau ?
Il existe des bons produits, mais la meilleur chose à faire c’est d’avoir un bonne hygiène de vie, c’est-à-dire de ne pas trop manger de chocolat, de charcuterie, d’alcool et de ne pas fumer et éviter le stress  ! Mouai je sais … facile à dire…surtout pour une bonne vivante comme moi! Plus simplement,  bien se démaquiller le soir, ça aide la peau à respirer.

Après, j’ai une petite astuce quand arrivent les « boutons du mois » : appliquer avec un coton tige de l’huile essentielle de clou de girofle. C’est un désinfectant naturel, ça pue mais c’est efficace, et moins cher que les crèmes hors de prix sur le marché. Je ne peux plus m’en passer !

o Où trouves-tu l’inspiration ?
Dans les films que je regarde, et j’en vois beaucoup. Étant très curieuse de tout, je suis observatrice et j’aime m’inspirer de tout ce qui m’entoure. La danse est ma première passion, alors la musique m’inspire  énormément , d’ailleurs  j’en mets  en loge dès que c’est possible. J’aime l’Afrique et les couleurs de ses parures, sa musique, son énergie. J’aime les années 20, c’est une époque ou la femme est devenue plus glamour et plus affirmée – les robes se sont raccourcies, les coiffures originalisées et le maquillage prononcé.

Olga Kurylenko dans "Hitman"

Olga Kurylenko dans « Hitman »

o Si quelqu’un souhaite faire ce métier, quels doivent être ses premiers investissements ?
La patience…. Je sais tu parles plus  au niveau matériel, mais je voulais quand même soulever ce point, la patience. Ça prend du temps, de se faire une place, et puis une fois que tu l’as, il faut la maintenir et la garder. Car rien n’est acquis !

o Quel est le meilleur conseil qu’on t’ait donné ?
Ma grand-mère disait toujours « amuse toi » , je l’ai pris et  dans la vie,  mais aussi dans mon travail. Travail qui, avant tout, est une passion.

o Quels sont tes projets pour le futur?
Je continue  de travailler sur une série TV pour Tf1 – Nos Chers Voisins –  je pense avoir un film au printemps avec un peu d’hémoglobine, et surtout j’aimerai revenir un peu au Canada, le pays de mon coeur. J’y ai travaillé et rencontré des gens formidables qui sont devenus mes amis !

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